Une pratique interdite en France.

mere-porteuse-en-france.comQuantité de messages de ce type fourmillent sur le Web, il suffit de taper « mères porteuses » sur Google : « Ma compagne ne peut plus porter d’enfant… Il nous manque juste une personne pour le faire à sa place. Personne non sérieuse s’abstenir », « Bonjour, je souhaiterais devenir mère porteuse pour un couple qui ne peut pas avoir de bébé. Contactez-moi sur petit… com ». Des centaines de personnes désirant être parents y cherchent une femme prête à porter l’enfant dont elles sont privées, et sur les sites conseils et offres de service s’échangent désormais ouvertement. La pratique se généralise à l’étranger, la liste des pays autorisant la gestation pour autrui (GPA) s’allonge d’année en année. En France, où elle est encore interdite, des associations comme Maïa et le Comité de soutien pour la légalisation de la GPA et l’aide à la reproduction assistée tentent d’ouvrir le débat et proposent d’encadrer légalement cette pratique. En sept points, ce qu’il faut savoir sur la grossesse pour autrui. Les mères porteuses pourraient bien être autorisées en France. Du moins, une première brèche vient d'être ouverte depuis la semaine dernière. En effet, une décision de la Cour d'appel de Paris vient de reconnaître le droit à un couple de devenir légalement les parents de jumelles nées d'une mère porteuse américaine. Une décision qui pourrait faire jurisprudence, et permettre à d'autre couples de légaliser un recours à "la gestation pour autrui", procédé autorisé dans d'autres pays d'Europe.

Cette méthode controversée reste la seule solution pour les femmes qui ont un problème physiologique, les empêchant de mener une grossesse à terme. Mais elle entraîne un risque de dérives mercantiles. Sans parler des questions éthiques des rapports de la mère "biologique" à cet enfant. L'association française Maïa, qui soutient la gestation pour autrui, souligne néanmoins les bénéfices de cette pratique lorsqu'elle est légale, en prenant l'exemple d'autres nations : Dans les pays où la GPA est correctement encadrée, une gestatrice potentielle doit passer par différentes étapes médicales, psychologiques et juridiques qui rendent impossible l'entrée dans ce parcours par hasard ou par force : en Grande Bretagne, 50 % des candidates renoncent dès la première réunion d'information. Avant le traitement médical, le dossier doit être avalisé par une instance indépendante : il peut être refusé si un doute, concernant une des parties, subsiste ; un jugement transfère définitivement la parenté légale aux demandeurs. Aucune grossesse ne peut alors être davantage choisie et voulue que ces grossesses-là. Un cadre législatif très strict, des contacts entre la mère porteuse et les parents, permettraient ainsi de rendre cette pratique plus sûre et d'éviter les dérives. Il faudra a priori attendre la révision des lois de bioéthique en 2009 pour savoir si la justice va évoluer en ce sens et permettre ce recours à cette gestation pour autrui.