Mères porteuses: ne pas céder.

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L’Humanité des 18 et 19 mars rendait compte de l’affaire Mennesson et semblait prendre position contre la décision de la cour d’appel de Paris de refuser la transcription à l’état civil des actes de naissance des jumelles nées aux États-Unis d’une mère porteuse américaine. Mais à travers cette décision de justice, c’est bien la question de la gestation pour autrui qui est posée. Le fait que des pays (États-Unis, Canada, Israël, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Grèce, Roumanie, Ukraine, Argentine, Brésil…) autorisent cette pratique peut-il la justifier en France ? La légalité de la peine de mort au Japon, en Chine, en Arabie saoudite ou aux USA justifie-t-elle qu’on l’applique de nouveau en France ? Les pays cités ont le plus souvent un comportement anti-éthique, contraire à la dignité humaine : on y commercialise le sang et ses dérivés achetés aux couches sociales défavorisées. En Inde, en Roumanie, des prélèvements d’organes organisés de façon indigne sur des vivants alimentent un trafic international. Aux USA comme en Grèce, des campagnes sont menées pour la légalisation du commerce des reins. Aux USA des prélèvements de cœurs sur des nouveau-nés atteints de lésions cérébrales ont été effectués seulement soixante-quinze secondes après l’arrêt du cœur, alors qu’un cœur redémarre parfois au bout de deux ou trois minutes. Quant à l’Ukraine, ce n’est vraiment pas une référence. Tous les trafics y sont possibles, légaux. C’est un pays qui, après 1991, a établi le droit à la retraite pour les nationalistes collaborateurs militaires des nazis. Ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est le commerce de l’humain. Qui ouvrira la boîte de Pandore libérera tous les commerces de produits dérivés du corps humain en attente : organes, médicaments dérivés du sang (MDS), tissus, sang de cordon, demain les lignées de cellules souches génétiquement modifiées pour la médecine dégénérative… Dans l’affaire citée, la «mère porteuse» a reçu, il y a dix ans, 12 000 dollars. Les parents acheteurs ont fait plusieurs voyages en Californie. Comme toujours, dans de telles situations, la «mère porteuse» provient d’un milieu socioculturel et économique défavorisé par rapport au couple «demandeur». Il est caractéristique de constater que les partisans de la «gestation pour autrui» utilisent les termes que les multinationales des produits sanguins ont mis au point avec des bataillons d’avocats pour ne pas prononcer le mot «prix» payé au vendeur à qui le sang est prélevé. Ils emploient les termes : «dédommagement», «indemnisation», «compensation»…etc. Une campagne tous azimuts est menée depuis 2008 dans la presse écrite, les radios, les télévisions pour balayer les interdits éthiques en prévision de la révision de la loi de bioéthique en 2010. Cela devrait alerter les citoyens. L’éthique, la dignité humaine sont en danger. Des financiers, des actionnaires cupides sont en attente de placements dans le commerce humain. Celui-ci existe déjà sur toute une partie de la planète. Les profits qui en sont attendus sont colossaux*. Ne laissons pas faire. Qui cède un peu capitule beaucoup! La détresse de couples infertiles ne peut justifier le commerce de l’humain.